SEO, rien que sur LinkedIn, ce ne sont pas moins de 101 000 profils. Difficile d’y voir clair. Les articles, les infos (y compris les contre-vérités) sortent toutes les semaines. Il y a quelques temps j’ai assisté à une conférence où un « expert » dit (en résumé) que le SEO c’est essentiellement une histoire de liens entrants. La même semaine, à une autre conférence, j’entends un autre « expert » dire exactement le contraire, à savoir qu’en fait, les backlinks ce n’est pas du tout essentiel en SEO.

De nombreux articles ont été écrits sur la fameuse position zéro (7 millions de résultats sur Google), sur les recherches mobiles (ou vocales) et leurs impacts sur la manière de gérer son SEO.

Il est une fois de plus fort probable qu’un certain nombre de professionnels du SEO se déchaînent contre les propos que je peux tenir dans un article sur le sujet. Je ne cherche pas à être clivant ni à provoquer, juste à comprendre, à ne pas balancer ou relayer des infos ou des chiffres saugrenus sans réfléchir. Comme je l’ai écrit il y a quelques semaines : certains ne m’aiment pas (n’aiment pas ce que je dis en tout cas) et c’est très bien comme ça.

J’essaie pour ma part de sortir de la pensée dominante et d’avoir un éclairage différent sur le sujet. D’autant que je ne suis pas un expert « technique » du SEO. Je travaille avec de très bons techniciens, mais je n’en suis pas un. Mon rôle n’est pas de faire du SEO, mais de comprendre les enjeux et les tendances pour bien conseiller mes clients. Charge ensuite à mes partenaires « techniques » de faire le job.

Efficacité du SEO ?

Avant d’aller plus loin, je fais une parenthèse. Avant de mettre en place une stratégie de SEO, sachez que selon une étude américaine du printemps 2018 :

  • Sur une étude portant sur 2 millions de nouvelles pages publiées, seulement 5.7% sont positionnées en 1° page des résultats de recherche de Google sur au moins 1 requête dans l’année qui suit leur mise en ligne. Ce qui veut dire que 94.3% n’y arrivent pas.

Comme 2 millions de pages, par rapport à Internet, c’est « peanuts », une étude plus poussée a été faite sur 1 milliard de pages.

  • 88% de ces pages n’ont aucun trafic organique (aucun trafic SEO) venant de Google. Et, 4.5% ont moins de 10 visiteurs par mois.

On retrouve cet article de Tim Soulo,  ici.

Bien évidemment, bon nombre d’acteurs du SEO répondront que les pages concernées sont des pages qui ne sont pas passées entre leurs mains. Pourtant, je suis régulièrement contacté par des référenceurs, des spécialistes du SEO, des rédacteurs de contenu SEO… qui, vérification faite (sur la base de leurs références), n’ont aucun résultat. Ce qui veut dire que leurs contenus ne sont référencés sur aucun mot clé ou que leurs pages arrivent en 4°, 5° ou 8° page. Ce qui ne les empêche pas d’avoir des clients.

J’ai même vu plusieurs Directeurs Marketing, de sociétés importantes, travaillant avec des agences renommées et présentant des anomalies assez énormes en SEO.

Quelles sont les erreurs observées ?

Quand j’analyse un site d’un prospect en préparation de rendez-vous ou lors d’un audit ou même sur le site d’un concurrent d’un client, je rencontre un certain nombre d’erreurs que j’arrive moi-même à déceler alors que je ne suis pas un technicien du sujet.

  • Liens depuis des sites pornos (pour une filiale d’une grosse banque française)
  • Liens depuis des sites bidons créés par des sociétés offshore basées aux Bahamas (filiale d’une grosse banque française).
  • Echanges de liens : « je t’en fais un, tu m’en fais un ». On me le propose tous les mois. C’est pourtant une pratique détectée et pénalisée par Google depuis des années.
  • Balises manquantes.
  • Pages inutiles entraînant des clics inutiles.
  • Liens internes qui mènent à des pages vides.
  • Images non optimisées.
  • Temps de chargement des pages interminable.

Ce ne sont que quelques exemples, l’objectif n’est pas d’en dresser une liste exhaustive.

La plus grosse erreur que j’observe en SEO

Mais les principales erreurs SEO que je rencontre sont liées au choix des mots clés.

  • De nombreux prestataires se limitent aux sélections de leurs clients sans jouer leur rôle de conseil.
  • D’autres se limitent aux outils gratuits de Google (sans hésiter à facturer la prestation).
  • D’autres ciblent des requêtes sur lesquelles il n’y a aucune demande (WTF ?).
  • D’autres ciblent des requêtes inatteignables tant la concurrence est forte.

Pas étonnant dès lors que tant de pages ne soient jamais référencées.

J’ai rencontré un dirigeant de PME dans ce cas il y a encore quelques jours. Il a dépensé 40/50K€ avec une agence pour du contenu SEO. L’agence a fait ses recos, sélectionné les mots clés, produit et mis en ligne des contenus. 10 mois plus tard, ce client relance l’agence : « je n’ai aucun résultat. Les articles que vous m’avez proposés ne sont pas référencés ». Réponse de son contact : « ça prend du temps ». Certes, ça peut prendre du temps, mais rien en 10 mois, ce n’est pas sérieux.

Le SEO : un périmètre assez vaste

Le SEO couvre de très nombreux sujets : UX, taux de rebond, netlinking, contenu, architecture de site, temps de chargement des pages, cocons sémantiques, code, première page, première position, rich snippets, featured snippet, erreur 404, redirection (temporaire ou permanente), CSS, balises, sitemap…

Parmi ces sous-thématiques, il y a en a 2 qui sont sujets de nombreux articles et d’avis de prospectivistes du SEO : la position 0 et la recherche mobile. Es 2 sujets sont liés.

La position zéro, c’est quoi ?

La position zero est assez récente à l’échelle de l’histoire du SEO. C’est le résultat de recherche situé en haut de page, au-dessus des résultats traditionnels. C’est souvent un cadre qui présente une réponse directe à une question d’un internaute.

Par exemple, à la recherche : SEO, on a en position 0, un extrait de 5 lignes de l’article dédié de Wikipedia.

C’est quoi le problème avec la positon zéro ?

La position 0 c’est la réponse apportée par Google à un question posée, notamment en recherche vocale. Si Google comprend la question et donne tout de suite la réponse, Google n’est plus un moteur de recherche, mais un moteur de réponse (ce n’est pas de moi) et les clics sur un certain nombre de résultats qui suivent risquent d’en prendre un sacré coup. Si j’ai ma réponse dès la position zéro ou en recherche vocale, je n’ai pas de raison d’aller plus loin dans mes recherches.

Pourquoi c’est si important ?

De nombreuses études parlent des recherches vocales et de leur explosion à venir entre les mobiles et les assistants vocaux (Amazon Alexa, Google Now, Siri, Cortana…). Même sans être un expert du SEO, on comprend aisément qu’une recherche vocale ne peut et ne doit renvoyer qu’un résultat. On imagine mal un assistant vocal répondre « voulez-vous le premier résultat de la 1° page, le 2° résultat, le 3° résultat » ni dire « <j’zi trouvé des réponses venant des sites A,B,C,D… laquelle souhaitez-vous ? ». Ce n’est pas comme cela que ça se passe : on pose une question, on a une réponse.

A la 1° conférence Search Y en Janvier 2019, un intervenant indiquait que selon ses tests, le résultat de la recherche vocale était systématiquement un des trois premiers résultats du SEO. Ce qui voulait dire que d’ici quelques années, le challenge du SEO ne serait plus d’arriver en 1° page mais d’arriver dans les 3 premiers résultats.

Selon le CEO de Google, les recherches vocales, c’est 20% des recherches faites sur mobile ; sachant que les appareils mobiles en tout genre représenteraient 60% du trafic Internet.

Est-ce vraiment un problème ou est-ce que ça fait « pschitt » ?

J’en parlais récemment avec un de mes homologues pour lequel j’ai beaucoup d’estime et qui a souvent des avis éclairés sur de nombreux sujets digitaux. C’est notre échange qui m’a donné envie de creuser le sujet pour trouver une réponse.

Il avait en effet un point de vue sur le sujet, mais avec des doutes et de nombreuses interrogations.

En rentrant au bureau, je soumets nos interrogations à mon associé. Comme il fait très bien sa veille et suit très bien le sujet, il m’a renvoyé vers une interview au Journal du Net de John Mueller, le nouveau speaker officiel de Google pour répondre aux questions après Matt Cutts.

La question qui lui est posée repose sur le sujet des recherches vocales et sa réponse est hyper intéressante :

  • « nous ne savons pas (Nous c’est Google) délimiter le contenu qui servirait de base de données pour la recherche vocale ».
  • « Dans les études, j’entends souvent que la moitié des recherches se font en vocal, mais cela inclue le paramétrage d’un réveil, la lecture de musique, la météo. Techniquement, c’est de la recherche vocale, mais ça ne génère pas de résultats web. Combien de recherches vocales sont faites, montrant du contenu de pages web, combien d’impressions des URL ?

Mes convictions

Mes convictions n’engagent que moi. Ce ne sont des convictions et non des certitudes. Parfois j’ai raison, comme par exemple quand j’ai écrit quelques jours après son lancement que Google +, ça ne  marcherait pas : Google+ Pourquoi ça ne marchera pas, publié le 7 Juillet 2011 (la plateforme a été lancée le 28 juin 2011). Parfois j’ai pu me planter. Mais sur ce sujet des recherches vocales, j’ai une conviction assez forte qui est que la recherche vocale va être liée (et risque d’être limitée) à un usage mobile et assistant vocal ; c’est-à-dire pas au « search » au sens où on l’entend habituellement.

On le voit bien avec le multi écran. Les courbes d’usage sont assez claires : mobile le matin et le soir dans les transports, PC au bureau dans la journée et tablette le soir dans le canapé. L’usage d’une techno est limité à un contexte particulier.

Quand on dit que les recherches vocales sont en forte hausse, est-ce que ce qui est en hausse c’est la recherche vocale dans l’absolu ou la recherche vocale liée au boom des assistants vocaux et aux recherches en situation de mobilité ?

C’est aussi l’outil qui fait l’usage. Il est fortement possible (et c’est ce qu’à l’air de sous-entendre le speaker de Google) que ce qui se développe se sont les requêtes liées à la météo, aux résultats sportifs, aux itinéraires, aux temps de transport, aux horaires d’ouverture de magasins et que cela n’impacte le Search « classique » qu’à la marge.

Lequel est la conséquence de l’autre ? Les assistants vocaux sont là parce que la recherche vocale se développe ou la recherche vocale se développe du fait des assistants vocaux et moteurs de recherche mobiles qui sont de plus en plus nombreux ?

On lit que les recherches vocales vont représenter plus de 50% des recherches, mais sur quelle base. Rien ne dit que le volume de recherches globales reste stable. Les 50% de recherches non vocales peuvent être plus importantes que le volume de recherches fait aujourd’hui.

Est-ce que c’est parce qu’on peut le faire qu’on le fera ? Excel permet des fonctions de tri avancé, des tableaux croisés dynamiques, des macros : est-ce que pour autant toutes les personnes qui ont Excel les utilisent ? Je ne pense pas. Les Google Glass devaient être révolutionnaires. Ça a été un bide monumental. Ce n’est pas parce que la techno permet un usage que ce cet usage est adopté et se répand. C’est même souvent le contraire : les consommateurs s’approprient un outil pour un usage non prévu au départ.

J’ai vu une vidéo qui montre que grâce à la recherche vocale, on peut commander un sèche-cheveux avec un assistant vocal. C’est bien, mais le consommateur en recherche permanente de promo et du meilleur prix, va-t-il faire confiance à la techno et effectivement commander un sèche-cheveux sans savoir d’où il vient, quelle est la garantie, si c’est bien le meilleur prix ? Tout le monde sait que même sur Amazon, il n’y a jamais un seul prix pour le même produit.

Conclusion

Vous allez trouver pléthore d’articles, de posts, de vidéos… qui vont vous expliquer comment être moins impacté, ce qu’il faut faire. La question à se poser avant d’investir le sujet est de vous demander à quel point vous pourriez être touché.

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