Quand on se crée un profil sur un réseau social professionnel comme LinkedIn, Viadeo ou Xing on peut avoir différents objectifs : développer son business, trouver / retrouver un emploi, développer sa visibilité, trouver des partenaires…
Pour arriver à ses fins, j’ai identifié 3 approches possibles qui ont chacune un effet de levier et que j’appelle les « 3 BE » pour « BE Found », « BE Seen » et « BE in touch ».

Be Found : Faites en sorte qu’on trouve votre profil facilement
C’est l’approche de base. « BE Found » veut dire : faire en sorte qu’on puisse vous trouver facilement et rapidement par votre profil personnel ou éventuellement votre page entreprise. La page entreprise est gratuite, elle se crée en quelques clics. On peut vous trouver via une page entreprise, quelle que soit la taille de votre entreprise. Les indépendants ont tout intérêt à se créer une page entreprise.

Mais, en pratique, il s’agit surtout d’optimiser son profil personnel LinkedIn pour qu’il puisse apparaître dans les pages de résultats quand on le recherche. Le travail à faire est assez simple :
– Définir les objectifs de sa présence. Cela paraît basique, et pourtant c’est rarement le cas.
– Définir par qui on souhaite être vu (recruteur, financier, prospect, partenaire, candidat…).
– En fonction de ces 2 premiers points, se demander comment ces personnes pourraient nous rechercher sur LinkedIn. La question à se poser est la suivante : si je devais rechercher quelqu’un qui a mes compétences, comment ferai-je ?
– Vous pouvez aussi consulter des annonces qui vous correspondent et analyser les compétences recherchées.

– Lister toutes les compétences correspondantes (les compétences sur lesquelles on veut ressortir compte tenu de nos objectifs) : métier, titre, secteur, industrie, localisation, management, formation, gestion de projet, compétences techniques…
– Pour passer des compétences aux mots-clés à mettre dans son profil, rechercher les synonymes et les variantes : telecom et telecoms / directeur et directrice) agroalimentaire et agro alimentaire (certes l’orthographe « agro alimentaire » n’est pas correcte, mais la forme est très utilisée / multicanal et omnicanal. Ne pas oublier que la visibilité de votre profil se joue à un caractère près : telecom ne donne pas les mêmes résultats que telecoms.
– Mettre tous ces mots clés dans son profil en veillant de près au résumé.

Si on veut que son profil LinkedIn puisse avoir un minimum d’impact et servir nos projets professionnels, l’objectif premier est que le profil soit visible et qu’il puisse être vu par ceux dont on souhaite qu’il soit vu. Ce qui compte ce n’est pas la quantité de trafic sur son profil, mais la qualité. Je préfère avoir 2 visiteurs « ciblés » que 15 « non ciblés ».
Vous pouvez être le/la meilleur(e) dans votre domaine, si personne ne vient sur votre profil, il ne sera pas très utile. Un entretien, un contact, un message, un appel n’est possible qu’à partir du moment où votre profil est vu par les « bonnes personnes ».
Dans le fonctionnement de LinkedIn, on a 2 effets de levier possibles pour optimiser sa visibilité : le contenu (l’élément essentiel) et la taille du réseau. Un très bon contenu très optimisé compense un « petit » réseau. L’inverse n’est pas vrai.
Le contenu et notamment (n’en déplaise à certains) sa quantité, est le principal effet de levier sur lequel on peut s’appuyer pour développer sa visibilité.
Des candidats m’ont indiqué que certains recommandent des profils très synthétiques, où on met peu d’informations. L’idée étant de faire du teasing et de donner envie à ceux qui arrivent sur le profil d’en savoir plus et donc de proposer un entretien. Sur le fond, je peux comprendre (et encore) l’objectif de la démarche. Mais 1) Même en en disant beaucoup sur son profil, si on n’a rien à dire de plus en entretien, il vaut mieux se poser des questions sur pourquoi on n’a rien à dire que si on en dit trop sur son profil 2) l’objectif de l’entretien n’est pas tant de dire ce qu’on a fait ou ce qu’on propose mais comment on l’a fait, ce qui nous motive, comment on travaille, ce qu’on a tiré de son expérience, comment on manage, comment on gère un projet, quelles sont les spécificités de son produit ou de son service. Tout cela n’est pas perceptible dans un profil. Cette recommandation de profil « tesaing » oublie un élément clé : pour décrocher un entretien ou un rendez-vous, encore faut-il que le profil soit vu, et sans contenu, ce sera très difficile.
D’ailleurs, quand on lit les recommandations de l’assistance LinkedIn, c’est très clair : « si vous intégrez une liste étendue de mots clés à votre profil, vous pouvez apparaître dans un grand nombre de recherches ». Pour faire simple : plus on a de contenu, plus on peut être visible.

De plus, comme je l’ai indiqué récemment : beaucoup de chasseurs sur LinkedIn (on dit surtout executive search) ne regardent pas votre profil avant de vous contacter.
Le second effet de levier de l’approche « BE Found », c’est la taille du réseau.

Sujet de discussions sans fin en atelier ou dans des groupes LinkedIn. Qu’on le veuille ou non, qu’on soit d’accord ou non, c’est un fait : LinkedIn rend plus visibles ceux qui ont les plus gros réseaux. LinkedIn nous donne une visibilité dans notre réseau (2 premiers niveaux de contacts) et non sur la plateforme en général. On a de fait plus de visibilité potentielle avec un réseau de 2 millions de contacts qu’avec un réseau de 250 000.
Be Seen
Indépendamment ou en complément du « BE Found », on peut aussi essayer de se rendre visible par ses contenus : Likes, commentaires, partages, contributions dans des groupes ou publications. « BE Seen », c’est faire en sorte d’être visible et vu par ses interactions.
Depuis longtemps, chacun peut apporter sa contribution à une discussion dans un groupe ou commenter / aimer / partager un contenu publié ou partagé par un autre membre.
Plus la contribution est longue et personnelle, plus elle est pertinente et efficace. C’est très sympa pour quelqu’un qui publie d’aimer son contenu. C’est triplement bénéfique :
– pour celui qui like puisque qu’il rend service à l’auteur et peut apporter une info intéressante à son réseau.
– pour celui qui est liké, puisque son contenu va être visible par des profils en dehors de son réseau direct.
– pour celui qui voit le like car il peut découvrir un contenu pertinent qui lui aurait échappé sinon.
Néanmoins, pour le « likeur », ce sera encore plus efficace s’il ajoute un commentaire (en en disant un peu plus que « super article »). L’idéal étant la publication d’article, car l’article pour exposer et développer une expertise, un point de vue…

Comment rendre votre article plus visible ?
Pour faire simple, il y a 3 clés.
D’une part, le timing. Sur LinkedIn, comme sur Facebook ou Twitter, c’est du flux. Ce qu’on publie est essentiellement visible et vu le jour de la publication.
D’autre part, l’image d’illustration. Aujourd’hui, les 600 millions de membres de LinkedIn peuvent publier un article. Des dizaines de milliers d’articles sont publiés toutes les semaines (plus de 100 000) Pour se repérer dans le flux incessant de la page d’accueil, il faut une image qui attire l’attention et un titre qui accroche.
Pour que votre article soit vu, il faut penser comme la presse people. Ensuite, la qualité de votre contenu doit être exemplaire et apporter une réelle valeur. Mais la concurrence est forte. Personne n’a le temps d’aller lire tous les articles qui peuvent l’intéresser. Si on lit l’article de votre confrère, on ne lira pas nécessairement le vôtre. Il faut donc attirer l’attention et aller chercher les lecteurs, leur donner envie d’aller lire l’article. Cela passe par une image et un titre. Mais dans un premier temps, c’est vraiment l’image qui sera vue.
La qualité reste essentielle. Souvent un article est plus lu grâce aux likes, commentaires ou partages que par sa portée naturelle auprès des contacts de l’auteur. Donc après avoir usé d’éventuels artifices avec une image et un titre accrocheurs, ne décevez pas (pas de putaclic).  Tenez la promesse et donnez envie à vos lecteurs de partager.
« Be Seen, ce n’est pas :
– Liker, commenter ou partager tout et n’importe quoi 10 fois par jour pour espérer qu’on vous voie.
– Faire des mises à jour « bidon » de son profil en changeant 1 ou 2 caractères pour envoyer des notifications à tout son réseau.
Ça, c’est du spam et cela véhicule une mauvaise image. N’oubliez pas qu’on peut rester votre contact et bloquer tout votre contenu (c’est-à-dire qu’on ne le verra pas).
Be In Touch
Sur LinkedIn, on peut faire en sorte qu’on nous trouve : « BE Found ». On peut faire en sorte de se rendre visible par des contributions ou des interactions : « BE Seen ». Mais cela peut ne pas suffire. Il peut être nécessaire d’aller chercher des contacts directement et de chercher à entrer en relation avec eux.
Dans un premier temps, le plus simple est de relancer ceux qui sont venus sur nos profils et ceux qui ont interagi avec notre contenu.
Dans un second temps, on peut utiliser le moteur de recherche pour chercher des profils « cibles » et les inviter à se connecter.
Pour cela, LinkedIn, utilise la recherche dite « Booléenne ». Ce sont des opérateurs de recherche que l’on va utiliser pour améliorer l’efficacité de ses recherches : OR / AND / NOT / parenthèses / guillemets.

Voici ce qui LinkedIn dit sur le sujet :
 Recherches avec guillemets : si vous recherchez une expression exacte, vous pouvez mettre l’expression en question entre guillemets (par ex. : “chef de produit”). Par exemple : saisissez “responsable de produit”.
 Afin d’optimiser la performance du site, les mots vides, tels que « par », « in », « etc. à ». ne sont pas utilisés.
 NOT : si vous souhaitez exclure un terme précis, insérez l’expression NOT devant ce terme (par ex. : NOT ordinateur). Par exemple, saisissez “programmeur NOT manager”.
 OR : si vous souhaitez inclure un ou plusieurs termes d’une liste dans les résultats, séparez les termes avec le mot OR en majuscules. Par exemple, saisissez “ventes OR marketing”.
 AND : si vos résultats doivent inclure au moins deux termes d’une liste, vous pouvez utiliser le mot AND en majuscules comme séparateur. Par exemple, saisissez “manager AND directeur”.
 Recherches avec parenthèses : pour effectuer une recherche complexe, vous pouvez associer les termes en utilisant des parenthèses. Par exemple, pour trouver des personnes dont le profil contient “VP”, ou qui ont à la fois directeur ET division dans leur profil, saisissez “VP OR (directeur AND division)”.

Selon vos objectifs, selon votre personnalité, activez ces 3 leviers ou l’un des 3.
Pour mesurer l’efficacité de votre démarche, et viser le 4° « BE » : « BE ROIste », 2 possibilités :
1) Regardez les stats de qui vient sur votre profil. Au-delà de la courbe et de sa tendance, regardez qui vient sur votre profil. Mieux vaut 1 personne pertinente pour vous et vos objectifs que 10 qui sont arrivés là par erreur ou par hasard. Certes, plus de quantité peut signifier plus de qualité, mais sur ce sujet, c’est vraiment la qualité qui compte.
2) Suivez votre SSI (Social Selling Index). Certes c’est un outil développé par LinkedIn par les commerciaux (comme son nom l’indique). Néanmoins, les critères qu’il mesure peuvent intéresser tous ceux qui sont sur LinkedIn :
– Construire sa marque professionnelle (« Be Found »).
– Trouver les bonnes personnes (« Be In Touch »).
– Echanger des informations (« Be Seen »).
– Etablir des relations (« Be In Touch » / « Be ROIste).

Pour comprendre en détails ces 4 critères :

Commerciaux : êtes-vous bons sur LinkedIn ?