Il y en a eu un premier, puis un autre, puis encore un autre et cela devient maintenant assez régulier. De quoi je parle ? De chasseurs qui m’ont contacté sur LinkedIn pour des postes sans aucun lien avec mon expérience récente voire avec mon parcours.

Exemples de messages reçus :

  • « Bonjour, je vois que vous êtes un spécialiste de SAP ». En fait, non je n’en suis pas un spécialiste, j’ai accompagné mes équipes dans le passage AS400/SAP au début des années 2000.
  • « Suite à une recherche, votre profil fait écho aux mots clés « compte clé » et est susceptible de vous correspondre ». Oui, pourquoi pas… il y a 20 ans.
  • « Je me permets de venir vers vous, je souhaiterais pouvoir faire le point sur votre situation et vous présenter une opportunité en tant que Directeur des Achats pour une superbe structure en E-Commerce ». E-commerce, pourquoi pas, mais je suis de l’autre côté : ventes / marketing.

Au premier, je n’ai pas réagi, mais à partir du moment où l’expérience s’est renouvelée, j’ai cherché à comprendre. Je leur ai donc demandé pourquoi ils m’avaient contacté et s’ils avaient regardé mon profil avant de le faire. Les réponses m’ont, sur le coup, surpris, même si aujourd’hui je les comprends mieux.

Les réponses qui m’ont été faites ?

  • Parce que vous êtes sorti dans mes recherches.
  • J’utilise un outil d’automatisation.
  • Non, je n’ai pas regardé votre profil.

J’ai donc compris que pour un certain nombre de chasseurs (pas tous), le travail sur LinkedIn est le suivant :

  • Sélection des mots clé recherchés, et pas nécessairement dans une recherche par champ (sur LinkedIn, pour être plus efficace, on peut effectuer une recherche par champ du profil au lieu de prendre en compte tout le profil).
  • Envoi automatique de message ou d’invitation aux profils qui ressortent, sans prendre le temps de les regarder.

Pour être plus précis, au-delà de cette pratique consistant à envoyer un message à ceux dont les profils ressortent lors de la requête, des études indiquent que :

  • Les recruteurs cherchent en moyenne plus de 7 mots clés.
  • LinkedIn indiquait il y a quelques mois qu’une personne qui arrive sur votre profil y passe en moyenne moins de 10 secondes.
  • Une autre étude indique qu’un recruteur y passe en moyenne 6.2 secondes.

En résumé, dans un premier tri, on ne passe pas plus de temps sur un profil LinkedIn que sur un CV.

Ce qui m’a surpris dans les messages reçus de recruteurs qui n’avaient pas vu mon profil c’est qu’ils ne venaient pas que de consultants en recrutement indépendants ou de « petits » cabinets peu connus. J’ai aussi eu ce type de contact de la part de chasseurs de cabinets français ou internationaux assez reconnus.

Je ne suis pas là pour critiquer. C’est un constat. D’une part, je peux en comprendre les raisons et d’autre part, ce qu’il est important d’expliquer, c’est : quelles conclusions en tirer pour son profil.

Pourquoi cette situation ?

  • Manque de temps.
  • Certains recruteurs sont aussi rémunérés au nombre de candidats contactés.
  • De toute façon ce n’est pas grave, la plupart des candidats seront contents d’avoir été contactés par un chasseur.

Que faire quand on est candidat ?

Il est d’abord essentiel de comprendre que la visibilité de votre profil via le moteur de recherche de LinkedIn n’est liée qu’à 3 critères dont seulement 2 sur lesquels vous pouvez agir.

Le premier critère est le contenu. C’est la base de votre visibilité : pas de contenu / pas de visite ; mauvais contenu / mauvaises visites. C’est le seul critère réellement important. Si vous avez bien travaillé votre contenu, votre profil ressortira systématiquement quels que soient la taille de votre réseau ou vos interactions sur LinkedIn.

J’ai créé un profil pour une cliente. Un profil RH, hyper optimisé. Le profil a été mis en ligne avec 1 contact : moi. En une demie journée, 4 messages de chasseurs pour des propositions de rendez-vous. Avec une autre cliente, elle modifie son profil pendant 1 atelier dans le cabinet d’outplacement où j’interviens et elle est contactée moins de 5 minutes après par un chasseur sur la modification qu’elle vient de faire.

N’oubliez pas qu’un recruteur cherche en moyenne plus de 7 mots clés, comment voulez-vous être visible si vous avez peu de contenu sur votre profil (ou du contenu pas assez diversifié).

D’autant qu’il y a toujours plusieurs manières de décrire la même chose : agroalimentaire, agro-alimentaire, food, pgc, fmcg… ou CEO, Chief Executive Officer, DG, Directeur Général voire General Manager ou Managing Director ou encore DAF, Directeur Financier, Directeur Administratif et Financier, CFO, Chief Financial Officer.

Le contenu prend d’autant plus d’importance dans un contexte où des recruteurs ne viennent plus voir votre profil avant de vous contacter. L’objectif de votre profil n’est plus qu’il soit convaincant mais simplement qu’il sorte dès qu’une recherche peut vous concerner. La question clé n’est pas : comment me décrire, ni : comment me présenter, mais : comment on va me chercher.

Il faut comprendre que le contenu de votre profil est de moins en moins fait pour être lu et de plus en plus pour ressortir sur les bonnes requêtes.

Le deuxième levier de visibilité c’est … la taille du réseau

Ce 2° point ne plait pas beaucoup parce que de nombreux français ne sont pas dans cette dynamique sur LinkedIn. Beaucoup considèrent que c’est une plateforme où on ne doit se connecter qu’avec des gens qu’on connait ou qu’on a rencontrés au moins une fois.

L’assistance clientèle de LinkedIn a été traduite automatiquement, mais on devine ce qu’ils veulent dire : « plus vous avez de relations, plus vous serez susceptible d’être connecté à la personne qui effectue la recherche. Les relations plus rapprochées, telles que celles de 2e niveau par rapport à celles de 3e niveau, améliorent votre classement dans les recherches. » Pour ceux qui n’ont pas le décodeur : dans les résultats de recherche de profils, LinkedIn va en général positionner les contacts de niveau 2 avant les niveaux 3.

C’est l’une des subtilités de l’outil. LinkedIn vous demande de ne vous connecter qu’à des gens que vous connaissez mais vous rend plus visible si vous avez un gros réseau donc si vous êtes connecté à plein de gens que vous ne connaissez pas.

Le troisième critère, vous ne pouvez rien y faire : c’est la personnalisation (des résultats par rapport à celui qui effectue la recherche. Explication de LinkedIn : « Contrairement aux moteurs de recherche standard, nous générons des scores de pertinence uniques pour chaque membre. Même si une requête retourne les mêmes résultats pour tous, l’ordre d’apparition des résultats est déterminé en partie par le profil, l’activité et les relations de la personne qui effectue la recherche. »

Comment comprendre cette phrase ? L’ordre d’apparition des résultats est déterminé par le profil (le mien ou le vôtre donc par le contenu) et par l’activité de la personne qui fait la recherche (les types de profils qu’il préfère) et ses relations (cf point précédent : ses contacts de niveau 2 avant les niveaux 3).

Bien évidemment toutes ces indications ne sont que des tendances et ce n’est pas ni tout blanc ni tout noir.

Ce qu’il faut en retenir

Considérez que votre profil est davantage fait pour être visible dans les pages de résultats que pour être consulté. De toute façon, en 6 ou 10 secondes, personne ne rentrera dans les détails.

Travaillez votre contenu. La répétition, le bourrage de mots clés ne servent à rien. Mieux vaut mettre de nombreux synonymes 1 fois chacun aux bons emplacements (résumé et titres de postes notamment) que de répéter des dizaines de fois le même mot clé.