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Hé? T’as vu? J’en ai un gros!

Il y a quelques jours, j’ai reçu un message via la messagerie de LinkedIn. Ce message venait d’un de mes contacts. Une personne que je ne connais pas, que je n’ai jamais rencontrée et dont j’identifiais assez peu l’activité exacte. Le message était le suivant : « Bonsoir Cyril. J’ai obtenu 20 000 vues sur mon dernier post. Qu’en penses-tu? ».

Je suis allé voir le profil en question. C’est une personne qui travaille dans une start-up éditrice d’un logiciel où elle occupe un rôle qui doit se situer entre le community management, la communication et le marketing autour de la marque qu’elle représente.

Je suis allé voir l’article en question. Il ne concerne pas la marque, ni l’organisation du profil. Ce n’est pas non plus un sujet professionnel. Et la personne qui m’a interpelé n’en est pas l’auteur.

Il s’agit du partage d’un article concernant une jeune fille « blonde, jolie, malade incurable » publié sur un site d’actualité.

Je ne comprends pas pourquoi cette personne m’a envoyé ce message. Je ne vois pas ce qu’elle cherchait en le faisant. Certes elle a eu plus de 20 000 vues mais c’est sur un partage d’un article qu’elle n’a pas écrit, qui n’est pas professionnel, ne la concerne pas, ne dit rien d’elle et ne concerne pas non plus son employeur ni son activité. Et alors? Hormis flatter son ego, je ne vois pas l’intérêt.

La question n’est pas le sujet de l’article, mais la démarche qui consiste d’une part à partager tout et n’importe quoi et d’autre part à chercher ensuite à (j’imagine) satisfaire son ego en envoyant des messages à des inconnus pour s’en vanter. La recherche d’audience à tout prix s’apparente davantage à du « professional branling » qu’à du professional branding.

On a d’abord parlé de personal branding puis de professional branding et d’influence. On parle maintenant de Social Selling.

L’influence ce n’est pas l’audience. Le professional branding ce n’est pas faire parler de soi à tout prix. Ce qui m’intéresse et ce que je peux valoriser ce n’est pas quelqu’un qui fait 20 000 vues sur un sujet assez proche des émissions de témoignages qu’on peut voir sur les différentes chaînes de télévision. Ce que je trouve pertinent et professionnel, c’est quelqu’un qui publie son contenu (voire partage celui des autres), qui a une ligne éditoriale, qui propose un contenu au service des autres et non destiné à assurer la seule promotion de son image et que ce contenu génère in fine des résultats concrets pour son organisation.

D’ailleurs quand on regarde le profil en question :

  • 15 activités en moyenne par jour ouvré sur le dernier mois.
  • Un engagement assez faible (le score de 20 000 vues apparait comme une anomalie).
  • Peu de contenus sur la marque ou les métiers de son employeur.
  • Une dizaine d’articles en 1 an, de 45 à 4 500 vues avec pourtant une audience de plus de 25 000 abonnés.
  • La marque dont ce profil est le ou l’un des représentants sur les réseaux sociaux a à peine plus de 250 abonnés sur LinkedIn, une vingtaine de publications sur les 30 derniers jours et un engagement très faible.

Vraiment pas de quoi se vanter.

Si je fais un lien avec quelques-uns des articles que j’ai pu publier, je constate que ce n’est pas l’audience de l’article qui est vecteur de résultat. Ce ne sont pas mes articles les plus lus qui ont pu générer des contacts voire du business.

Si vous voulez que votre présence social media ait une chance (il y a beaucoup de partants et au final, peu de gagnants) d’avoir un retour en termes professionnels (emploi, carrière, business…), je pense qu’il ne faut pas rechercher ni l’omniprésence ni l’audience à tout prix. Cherchez plutôt à répondre aux questions que vos clients et prospects se posent. Ce sera plus efficace même si vous avez moins d’audience.